Le Nicaragua est de plus en plus vert, les pluies commencent à arriver sérieusement. Le Nicaragua devient aussi blanc et bleu pendant ce mois patriotique, les pluies ne dérangeront pas la fête, les fêtes et célébrations. Après cinq années installées au pays des lacs, des volcans et des vagues, nous avons pris l’habitude de certains bruits suspects. De l’explosif local balancé lors des fêtes de Noël aux chants religieux évangélistes ressemblants à des transes, ce mois-ci nous bercera de bruits de tambours et de casseroles. Nous sommes pourtant situés à 1 kilomètres à vol d’oiseau du stade de baseball du petit village où nous vivons, le vent nous ramène les sons des fêtes réalisés au « estadio », centre névralgique des fêtes et des rencontres de la communauté. J’avais mis un certain temps à comprendre cette notion de « mois patriotique », est ce férié ? Tout le mois ?

 

« En serio » m’étais je dis. J’ai bien observé le bal de l’école à cette période, il s’agit d’être prêt et « listo » pour le 15 septembre, le jour de l’Indépendance. Je prends note. Les percussions et les danseuses n’ont pas besoin d’échauffement, il fait déjà assez chaud quand le chef d’orchestre ordonne l’ordre de marche. C’est presque militaire. Boum, zing, boum. Pendant des heures et ainsi répéter jusqu’à ce que le refrain soit complet, ou jusqu’à l’arrivée du fou du village qui singera une danse curieusement chaude et sensuelle devant l’orchestre. Tout le village sera prêt, le Nicaragua aussi. Comme beaucoup de pays de la région, le Nicaragua va célébrer la fin de l’occupation espagnole.

« C’est ok, c’est mardi el dia de la independancia ! » j’avais noté dans le calendrier. J’avais appris il y a quelques années que le gouvernement local était susceptible de rallonger ou raccourcir certains fins de semaine, histoire de bien célébrer, je pense. On ne parle pas de populisme, mais de nationalisme. C’est très à la mode comme tendance.

On me rappelle que le 14 est férie aussi ! « J’avais complètement oublié la bataille de San Jacinto ! » qui a eu lieu quelques années après la libération nationale du joug ibérique. San Jacinto et la figure locale d’un héros qui assomma un nouvel envahisseur mercenaire. Ce fut la première fois que l’unité nationale nicaraguayenne se réveillait, tout un peuple et cela malgré les troubles politiques liées à une indépendance, et s’était réuni, avait suivi de près la bataille, il fallait chasser les derniers opportunistes et notamment ces flibustiers du commerce et du trafic au Nicaragua, une fois pour toute. Il y a finalement peu d’archives et d’histoires locales à raconter sur cette période, je ne suis pas sûr que l’évènement ait été couvert par les médias de l’époque, laissons place à la légende. J’ai simplement été soulagé, indépendance et anniversaire d’une bataille épique offraient alors deux jours chômés à mes voisins. Ils sont pêcheurs, ils iront à l’eau dans tous les cas. J’ai reçu alors quelques mots et sourires, on me souhaite une joyeuse journée de l’indépendance, comme si je faisais partie de la fanfare.